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Agriculture

une dizaine de sites de stockage en Bourgogne

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Après la catastrophe de Beyrouth, la question du stockage du nitrate d’ammonium en France se pose. Ils est notamment présent dans les engrais agricoles. En Bourgogne, les professionnels se veulent rassurants. Mais les écologistes dénoncent un risque global.

C’est un produit dont l’utilisation est devenue courante dans l’agriculture française : le nitrate d’ammonium. Le composant chimique entre dans la composition de nombreux engrais. Cette utilisation fréquente nécessite l’implantation de nombreux sites de stockage sur l’ensemble du territoire, de tailles plus ou moins importantes. En Bourgogne, on en compte une dizaine, principalement dans des coopératives agricoles. « Ce sont des sites de stockage d’engrais ou des silos de stockage d’engrais qui vont contenir des nitrates d’ammonium”, explique Flavien Simon, chef du service prévention des risques de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) de Bourgogne Franche-Comté. « Il y a un peu moins d’une dizaine de sites qui sont concernés en Bourgogne. »

Plus les volumes stockés sont importants, plus les risques sont grands, d’où une classification graduelle des différents sites.  Au delà de 5000 tonnes de produits stockés, les installations sont classées Seveso renforcé, le niveau de risque et de surveillance maximale – cette classification concerne une quinzaine de site en France. En Bourgogne, aucun site n’accueille de telles quantités. En dessous de 1250 tonnes, les sites sont simplement soumis à déclaration et à des contrôles périodique.

Jeudi 6 août, dans une communication, le ministère de l’agriculture relativise les risques liés à l’utilisation du nitrate d’ammonium. « Le nitrate d’ammonium, même très concentré, n’est pas considéré comme un « explosif » mais seulement comme un explosif occasionnel. Une explosion ne peut survenir que dans des conditions particulières, par exemple, quand l’engrais est contaminé par des matières incompatibles. Dans ces conditions, c’est-à-dire lorsque les normes s’imposant aux engrais agricoles ne sont plus respectées, le risque de détonation se trouve fortement accru en cas d’incendie. Plus la teneur en nitrate d’ammonium diminue, plus la possibilité de faire détoner le produit en conditions dégradées diminue. » 

 

Quelle règlementation ? 

Les règles de sécurité, fixées par arrêté ministériel, sont précises explique Flavien Simon à la DREAL. « Il y a tout un jeu de règles. Elles visent d’abord à limiter au maximum les risques d’accident, c’est-à-dire les risques d’échauffement, d’inflammation du nitrate d’ammonium et ensuite à limiter l’impact de ces incidents, s’ils ont lieu. On a des règles d’accès des personnels sur les sites qui sont très strictes, pour éviter au maximum d’exposer les produits à la présence de points chaud. On a des règles de nettoyage qui sont très strictes ou encore une interdiction d’usage de certains matériaux dans la construction des bâtiments. »
 

Je n’ai jamais entendu parler d’un problème de conditions de stockage dans une coopérative agricole en France.

Jean-Marc Krebs

« C’est quelque chose qui est très règlementé en France. On peut s’enorgueillir de cela » estime de son côté Jean-Marc Krebs, le directeur de la coopérative 110 Bourgogne, installée dans l’Yonne qui fournit ces engrais aux agriculteurs.  « La France bénéficie d’une règlementation qui est extrêmement rigoureuse sur le sujet. » Lui affirme ne pas stocker directement de nitrate d’ammonium mais des engrais qui en contiennent en partie. « Dans ces engrais, il y a une forme qui s’appelle l’ammonitrate. C’est un engrais granulé. Et sur ces granulés, les industries pulvérisent du nitrate d’ammonium. Mais nous ne vendons pas de nitrate d’ammonium en tant que tel. On vend un engrais normé selon des règles européennes et françaises. » Le directeur écarte néanmoins tout risque important en France. « Je n’ai jamais entendu parler d’un problème de conditions de stockage dans une coopérative agricole. Il n’y a jamais eu d’accident dans des dépôts où l’on stocke ce site d’engrais en France. »

Impossible néanmoins, dans cette coopérative comme d’en d’autres, de pouvoir voir les sites dans lesquels sont stockés ces engrais.

 

Faut-il s’inquiéter ?

« Le risque zéro n’existe pas » reconnait par exemple le directeur de la Dréal de Bretagne dans cet autre article.  Il faut préciser que la région Bretagne héberge 3 des 16 sites du genre classé Seveso en France. “Mais la règlementation française est l’une des plus strictes au monde, en raison de l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001 » ajoute-t-il. C’est en effet après cette catastrophe que les règles de stockage ont été renforcées en France.

En Bourgogne, l’association France Nature environnement se veut plutôt rassurante. « Il n’y a pas de quantitatif signifiant  à proximité d’habitations. Il ne faut pas faire peur aux gens» explique Pascal Blain, l’un de ses représentants en Bourgogne Franche-Comté. Les quantités stockées dans les quatres département bourguignons sont assez loin de celles qui ont provoqué l’explosion de Beyrouth où 2750 tonnes de nitrate d’ammonium étaient entreposées ou même de celle d’AZF à Toulouse en 2001. Mais Pascal Blain insiste sur un risque plus global. « Quand on remet en cause le modèle agricole, c’est aussi pour ces raisons-là. Un agriculteur qui n’aurait pas besoin de ces intrants de synthèse ferait baisser le risque pour la population. »

Un point de vue que partage Stéphane Dupas, président de l’association écologiste Les Amis de la Terre Côte d’Or. « D’un point de vue environnemental, ce sont des produits qui demandent énormément d’énergie fossiles pour être produits. Ils favorisent le réchauffement climatique. Ils favorisent la pollution des rivières et les algues vertes en bord de mer. Et ils participent à la création de particules fines. Au-delà de l’aspect explosif du nitrate  d’ammonium, il est fondamental de s’en passer ! » La France est le premier consommateur européen de ces substances rappelle l’association. « Elle est particulièrement friande de « solution azotée », un mélange de nitrate d’ammonium et d’urée. »

 





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