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Agriculture

Sécheresse : pourquoi risquons-nous de connaître en 2020 des restrictions d’usage de l’eau en Bourgogne-Franche Comté ?

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C’est déjà l’été. Il suffit de faire quelques pas au bord du Doubs, à Besançon, pour s’en rendre compte. Le niveau de la rivière est comparable à celui d’un mois d’août. Nous sommes pourtant fin mai…
Des cours d’eau à l’étiage, et c’est encore pire dans le sous-sol, là où se trouvent les réserves d’eau :
 

Il faut remonter à 2017 pour trouver des niveaux corrects. Depuis cette année-là, on enchaîne les sécheresses, même si celle de cette année est moins importante pour l’instant qu’en 2019,

explique Clément Doney, hydrogéologue au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Parmi les missions de cet organisme public : la protection de la ressource en eau, en qualité et en quantité.

Le BRGM surveille en particulier le niveau des nappes phréatiques.  Elles se trouvent à faible profondeur. C’est là que nous puisons l’eau potable. Ces nappes sont fragiles, parce qu’elles sont lentes à se recharger. En effet, la partie la plus importante des pluies rejoint les cours d’eau, ou est absorbée par la végétation.
 

Avec les pluies du mois de mai, on a eu une légère hausse des niveaux des nappes, mais les réserves étaient insuffisantes pour enrayer la tendance à la baisse. Les niveaux sont bas en particulier dans la vallée de la Saône, en Haute-Saône et en Côte d’Or,

précise Clément Doney.
 

Un printemps trop chaud et pas assez pluvieux

Un coup d’oeil sur la carte de France des réserves en eau montre à quel point la situation est préoccupante en Bourgogne Franche-Comté. La quasi totalité du pays est en bleu ou en vert, synonymes de nappes phréatiques bien pleines. Notre région, elle, est en jaune. Les niveaux sont anormalement bas, depuis plusieurs mois :
 

En jaune sur la carte, la Bourgogne-Franche-Comté est une région où le niveau des nappes phréatiques est dans la moyenne basse. / © BRGM
En jaune sur la carte, la Bourgogne-Franche-Comté est une région où le niveau des nappes phréatiques est dans la moyenne basse. / © BRGM

Pas assez de précipitations depuis l’automne dernier et un printemps trop chaud  : voilà donc les explications.

Météo France le confirme : le printemps 2020 est le deuxième printemps le plus chaud depuis l’année 1900 ! Comme on peut le voir sur ce graphique, les printemps plus chauds que la moyenne (en rouge) se sont multipliés depuis le début du 21ème siècle :
 

© Météo France
© Météo France

Le mois de mai 2020 est parmi les mois de mai les plus chauds, avec une température moyenne de plus de 16,5 °C. L’hiver 2020 avait déjà été le plus doux en France depuis le début des mesures.
Les pluies abondantes des premiers jours du mois de mars 2020 ont cédé la place à des conditions anticycloniques sur le nord de la France, avec un temps sec et ensoleillé.

Les deux périodes de refroidissement, du 24 mars au 3 avril et du 11 au 16 mai, n’ont pas changé la donne, comme le précise encore Météo France. Depuis juin 2019, la France connaît une succession de mois chauds : la température moyenne sur le pays et sur les 12 mois atteint la valeur exceptionnelle de 14,3 °C, indique Météo France.
 

Bientôt de nouveaux arrêtés préfectoraux ?

L’été 2019  a connu une sécheresse exceptionnelle. 88 départements ont été en alerte ou soumis à des restrictions. Allons-nous revivre un tel épisode en 2020 ? Pour la Bourgogne-France-Comté, comme pour toute la France, difficile de faire une telle prévision. Mais le sous-sol de notre région est un facteur de risque :
 

On a des aquifères qui réagissent rapidement aux variations climatiques, dans une région constituée de roches calcaires,

explique Clément Doney. L’eau de pluie s’infiltre très rapidement par les failles et les crevasses du sous-sol calcaire : elle n’est donc pas stockée près de la surface, dans les nappes phréatiques.

En cette fin de printemps, tout semble donc indiquer que nous allons à nouveau connaître des restrictions d’usage de l’eau dans les prochaines semaines…

 



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