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Agriculture

préserver l’eau et le colza, le challenge compliqué des agriculteurs

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L’Yonne est l’un des premiers producteurs de colza. De quoi expliquer en partie la présence de pesticides et de nitrates dans l’eau. 16 communes du département sont sous restriction d’eau. Les agriculteurs expérimentent des modes de culture moins impactants. Insuffisant selon les écologistes.

Jean-Luc Gennerat est agriculteur et producteur de Colza à Piffonds dans l’Yonne. Son exploitation est implantée sur une nappe phréatique. Une ressource précieuse mais fragile. La commune a d’ailleurs connu certaines restrictions d’eau ces dernières années en raison de la présence de traces de nitrates ou de pesticides. 

Sur son exploitation, pour réduire l’utilisation de pesticides, cet agriculteur sème du trèfle dans ses champs de colza “Ce trèfle permet de couvrir le sol en même temps que le colza. L’idée est de réduire le nombre de produits désherbants. On a dû baisser de 20 à 30 % les produits désherbants” souligne Jean-Luc Gennerat. Le trèfle forme ainsi une couverture à quelques centimètres du sol qui limite l’apparition de mauvaises herbes, tout en laissant les plans de colza, plus haut et déjà levés, se développer.

Autre expérimentation, dans une parcelle voisine : des féverolles qui vont permettre de “leurrer les insectes”. “Les insectes se trompent de plantes et vont sur les féverolles plutôt que sur le colza, détaille Jean-Luc Gennerat. Cela réduit les dégâts sur le colza et évite de faire des traitements insecticides”. Résultat, aucun insecticide sur cet parcelle pour l’instant affirme le céréalier. 

Ces expérimentations ne sont pas isolées et ont lieu depuis plusieurs années dans toute la France. L’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) a d’ailleurs créé un outil d’aide au choix des espèces les plus pertinentes à associer au colza. Ces différentes méthodes ont pour objectif de limiter l’usage des pesticides. Ces produits sont destinés à éliminer les parasites (animaux ou plantes). Mais la trace de leur utilisation peut se retrouver jusque dans les nappes phréatiques. 

16 communes dans l’Yonne soumises à des restrictions d’eau

La consommation de l’eau est un problème récurrent dans l’Yonne. Aujourd’hui, près de 80 communes en Bourgogne-Franche-Comté sont soumises à des restrictions d’eau temporaires ou permanentes. En avril 2021, le département de l’Yonne en compte 16 à lui seul selon l’ARS, agence régionale de santé. Le plus souvent, c’est la présence de nitrates ou de pesticides dans l’eau du robinet qui occasionne ces arrêtés. 

Ci dessous, les restrictions d’eau ponctuelles ou partielles (en jaune) et les restrictions permanentes (en orange) dans les huit départements de Bourgogne Franche-Comté. 

Parmi ces communes, des zones de culture ou de viticulture. La nature du sol et les conditions climatiques sont aussi en cause. Des précipitations plus faibles entrainent une concentration des résidus. Mais des précipitations plus fortes et ponctuelles peuvent également lessiver les sols. 

Le colza en large recul

Ces dernières année, la production de colza a considérablement chuté dans l’Yonne. Désormais, le département produit du colza sur une surface de 20 000 hectares contre 85 000 il y a encore une dizaine d’année. Si ce département est particulièrement confronté à des problèmes de gestion de l’eau, c’est notamment en raison de la nature du sol selon Laurent Poucet, Président de l’Union des productions végétales dans l’Yonne (UPVY). “On est dans des zones de failles et on est un département avec des soucis liés à ces problèmes d’eau rapide et de ruissellement”.

L’UPVY, qui coordonne ces expérimentations, affirme qu’une prise de conscience a eu lieu dans le monde agricole pour préserver à la fois la culture du colza, nécessaire à la rotation des cultures, tout en maintenant une bonne qualité de l’eau.“Quand on est agriculteur, la terre est notre outil de travail. On cherche toujours à la préserver” se défend Laurent Poucet.

Le président de l’UPVY met en avant les premiers résultats apportés par l’utilisation de “plantes compagnes” sur l’utilisation des produits phytosanitaires. “On parlait de moins 15 % d’utilisation sur la culture du colza entre les herbicides et les insecticides”. L’agriculteur espère augmenter ce chiffre les prochaines années. 

 

Des expérimentation insuffisante ? 

Mais pour Catherine Schmitt, Présidente de l’association Yonne nature environnement, l’usage de l’agro-écologie est insuffisant pour la préservation des écosystèmes. “Je pense que tout le monde fait un effort et qu’ils sont conscients de cette problématique. Mais le sol fait qu’il faut vraiment arrêter de tergiverser pendant des années pour trouver le petit système qui va être impeccable.”

Elle attend des mesures plus radicales. “Il ne faut pas mettre de pesticides dans les aires de captage. Il faut voir large. Nos périmètres de protection ne sont pas assez grands.” Catherine Schmidt demande que l’utilisation des produits chimiques soit désormais interdite à proximité des points de captage de l’eau.





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