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Agriculture

pourquoi le colza se fait plus rare dans les champs

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C’est une culture traditionnelle en Bourgogne, qui est menacée par les conséquences du dérèglement climatique et les parasites. La Côte-d’Or et l’Yonne étaient les principaux départements producteurs de colza en France. Les surfaces cultivées diminuent.

Depuis les années 1970, le colza est cultivé en Bourgogne. L’Yonne et la Côte-d’Or produisaient le colza en quantité importante, notamment pour les biocarburants. C’est ce qu’on appelle « la tête de pont » des rotations de culture blé-orge-colza, qui sont les 3 principales productions en grandes cultures dans la région.

Des rendements en baisse, le climat responsable

Depuis le début des années 2010, les surfaces cultivées de colza diminuent, dans l’Yonne d’abord puis en Côte-d’Or et le phénomène gagne la Nièvre et la Saône-et-Loire. En 2020, les surfaces sont tombées en Côte-d’Or à 27.000 hectares contre 63.000 en 2011.

Les parasites s’en mêlent

Les altises et le charençon ont toujours été des parasites connus de la plante. Les altises sont présentes dès les semis, au mois d’août, et les parasites “mangent” la plante au fur et à mesure qu’elle lève. Mathieu Duthu, agriculteur à Saint-Martin-du-Mont (Côte-d’Or), décrit le seul recours contre les parasites : “On combat les altises à l’automne, pour éviter que les altises pondent dans les pieds de colza pour que les larves se développent.”

Les agriculteurs évitent d’avoir des pieds de colza “larvés” en ayant recours aux produits de traitement. Il ne reste qu’un seul produit homologué, et comme le déplore Mathieu Duthu “sans alternance de produit, on renforce la résistance des insectes à ce produit-là” . De plus, selon M.Duthu, “son efficacité est généralement moyenne.” 

Une difficulté que reconnaît Dimitri Deher, conseiller grandes cultures à la Chambre d’agriculture de Côte-d’Or : “Les agriculteurs ont de moins en moins de solutions chimiques. Il reste un produit homologué qui permet de lutter efficacement contre l’altise. Il est sur la sellette, car il risque d’être dé-homologué dans les années à venir.”

Le risque de disparition du colza en Côte-d’Or est bien réel. C’est déjà le cas dans le Nord du département, où les sols à faible potentiel étaient pourtant bien adaptés à cette culture en tête de rotation. La production de la moutarde, plante cousine du colza, est elle aussi en train de disparaître en Bourgogne, pour les mêmes raisons.

Une année à oublier

La récolte pour 2021 s’annonce particulièrement mauvaise. La période du 15 avril au 15 mai est traditionnellement la période de floraison du colza. Avec le gel tardif et l’absence de pluies au mois de mars, la plante refait des fleurs, mais trop tard dans la saison. 

De plus, avec l’absence de températures négatives, les colzas poursuivent leur croissance durant l’hiver. Comme Mathieu Duthu l’explique : “Les colza font leur cycle. On arrive au printemps, ils repartent tôt au printemps. Sauf qu’on a du gel très tardif. La plante s’est pris un gros coup de gel.” 

Les plants de colza sont donc fragilisés au printemps, avec le risque, selon l’agriculteur, que “le cycle de la plante ne s’effectue pas complètement.”

L’an dernier déjà, le gel et les altises ont fait baissé très fortement ses rendements : moins de 10 quintaux à l’hectare alors que traditionnellement, il faisait 30 à 35 quintaux/ha.

Quelles solutions  ?

La recherche tente de trouver des variétés de colza résistantes à la sécheresse et/ou aux altises. 

L’autre moyen serait d’instaurer des rotations plus longues sur les sols : du colza semé toutes les 6 rotations : 2 cycles avec du blé puis avec l’orge d’hiver, puis semis de l’orge de printemps avant de replanter du colza, en espérant une baisse du nombre d’altises.

Une autre voie serait celle de supprimer les surfaces cultivées en colza. Mais par quoi remplacer la rotation ?

 

 





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