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Agriculture

« pour des questions sanitaires, on industrialise l’élevage » estime le porte-parole de la Confédération paysanne


Tous les élevages de volailles de France doivent dès ce vendredi 5 novembre confiner leurs animaux en raison de l’épidémie de grippe aviaire qui se développe en Europe. Le gouvernement a en effet placé tout le territoire en « risque élevé ». Dans le Jura, le porte-parole de la Confédération Paysanne, Nicolas Girod estime que l’on sacrifie l’élevage de plein-air.

La nouvelle est tombée ce vendredi 5 novembre au matin. En raison de la progression de l’épidémie de grippe aviaire en France, tous les élevages français de volailles doivent mettre à l’abri leurs animaux. C’est une annonce du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie. Une décision mal reçue dans les rangs des petits éleveurs et éleveurs de plein-air, eux aussi concernés. Car si le communiqué explique que « les modalités de mise à l’abri ont été adaptées afin de prendre en compte les conditions de production, notamment pour les élevages plein air ou sous cahiers des charges spécifiques », pour ces producteurs, le compte n’y est pas.

Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération Paysanne, lui-même éleveur de vaches laitières dans le Jura, dénonce ce vendredi matin des adaptations « très minimes » « par rapport à ce qui était fait avant ». « C’est très contraignant, pour tout ce qui est volaille de plein air, élevage paysan et élevage sous label. Ils ont des accès à l’extérieur et des parcours où les volailles sortent », explique-t-il. « Là, ils vont avoir l’obligation de rentrer les animaux, avec toutes les difficultés que ça suppose, surtout quand on a des bâtiments qui ne sont pas toujours adaptés ». Selon le représentant, les années précédentes, « on avait une dérogation. En dessous d’un certain nombre d’animaux, on avait la possibilité de continuer à les sortir, en réduisant les parcours ».

Cette fois-ci, les sorties ne sont possibles que dans des circonstances réduites : « il faut faire des volières, ou mettre les parcours sous filets, mais c’est infaisable sur des parcours ombragés ou avec des cabanes mobiles ». « Ces solutions-là, elles sortent de la tête des gens dans des bureaux parisiens et elles sont impossibles à mettre en place sur le terrain » s’agace le porte-parole.

Une décision qui passe d’autant plus mal auprès des petits producteurs, que la filière estime qu’elle ne joue pas de rôle significatif dans la progression de l’épidémie : « Le risque de diffusion massif, il ne se fait pas à travers les élevages de plein air », argumente Nicolas Girod, « si un élevage de plein air est touché, il est en autarcie, personne ne rentre et il ne vend pas à l’extérieur les bêtes vivantes, le risque est infirme ». « La diffusion, elle se fait avec les élevages industriels qui multiplient les échanges ».

Le porte-parole de la Confédération paysanne estime précipitée la décision de passer la France en « risque élevé ». « Le risque élevé n’avait jamais été mis en place sans qu’il n’y ait aucun cas sur le territoire ». Selon le gouvernement, seuls trois cas, deux dans les Ardennes et un dans l’Aisne, ont été recensés, dans des basses-cours de particuliers. C’est en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie que des cas en élevage ont été rapportés.

Pour l’éleveur jurassien, la stratégie du gouvernement est claire : « l’Etat et le ministre sont en train de faire le choix de privilégier un élevage de volume et qui exporte, de moindre qualité ». L’arrêté serait avant tout destiné à conserver l’appellation « indemne de grippe aviaire » pour la France le plus longtemps possible, « pour continuer à exporter ». « Si on accepte qu’à chaque épisode de grippe aviaire, et même avant qu’il arrive, on doit enfermer les volailles, on accepte que l’élevage de plein-air disparaisse ». 





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