gefb-cg71.com
Image default
Agriculture

« l’Agriculture ne veut plus être la filière de recyclage des pneus usagés”


Jusqu’ici les agriculteurs utilisaient les pneus usagés pour maintenir les bâches sur les silos d’ensilage. Ils cherchent aujourd’hui à s’en débarrasser pour les remplacer par des produits moins polluants. Mais ce recyclage a un coût. La FDSEA 89 organise donc une tournée de collecte de ces pneumatiques toute cette semaine.

Depuis plusieurs décennies, les agriculteurs récupèrent les vieux pneus des garagistes pour maintenir en place les bâches des silos de leurs exploitations agricoles.

C’était le cas de Bertrand Portherat, éleveur installé sur la commune d’Héry dans l’Yonne. La récupération des pneus par le biais de l’opération tombe pour lui à point nommé. “Je suis fier de la collecte organisée par la fédé car cela permet de diminuer le coût. Sans subvention, on en aurait pour 200 euros, là on arrive à 80 euros la tonne”, explique-il. “Ces pneus-là on était contents de les trouver à une époque mais aujourd’hui on les a sur les bras”.

L’agriculteur est ravi de contribuer ainsi à redorer le blason du secteur. “On est sans cesse montrés du doigt, je suis content de participer à cette démarche éco responsable.” Si, aujourd’hui, il va charrier quasiment 2 tonnes et demi de pneumatiques, il refera un chargement pour se délester d’une partie de son stock. “J’en ai encore mais je les remplace au fur et à mesure par des boudins remplis de sable”.

Il ne sera pas le seul. Trop polluant, ce système de lestage a fait son temps. Aujourd’hui, l’agriculture ne veut plus être une filière de recyclage des pneus usagés. “Pendant des années les agriculteurs étaient considérés comme un débouché (de l’industrie pneumatique, ndlr), ils l’ont perdu en 2015 mais il fallait trouver une solution pour s’en débarrasser et cela n’est pas gratuit”, explique Laurent Poncet, président de l’UPVY. Des encombrants qui s’entassent donc chez les exploitants agricoles. 

La FDSEA, fédération départementale du syndicat d’exploitants agricoles, de l’Yonne, en partenariat avec l’UPVY, union des productions végétales de l’Yonne, a donc mis en place cette opération de récupération des pneus à moindre coût pour les agriculteurs. Le traitement d’une tonne de pneus coûte 200 euros. Entre les différentes subventions, et le soutien de l’association Ensivalor qui prend la moitié du coût à sa charge, 40 % reste à payer par l’agriculteur. “Depuis 2019, l’association Ensivalor, s’occupe du recyclage des déchets de la filière pneumatique qui sont utilisés par les agriculteurs surtout en élevage pour recouvrir l’ensilage”, explique Laurent Poncet, président de l’UPVY.

Cette collecte de déchets pour les agriculteurs du département se déroule depuis le 25 novembre et jusqu’au 17 décembre.

Toute cette semaine, les agriculteurs peuvent venir déposer leurs pneus usagés, sur rendez-vous, au silo de collecte Ynovaé sur la commune de Flogny-la-Chapelle.

“Les pneus doivent être propres et à nu »

Mais un pneu c’est lourd et cela représente un gros volume. “Il a fallu se demander ce que cela représentait en termes de logistique car une tonne de pneus cela prend beaucoup de place.”  Une enquête a donc été soumise aux professionnels du secteur. “On a quatre-vingt agriculteurs qui ont répondu, cela représente huit-cent tonnes de pneus”, précise Laurent Poncet. 

Des pneumatiques qui doivent répondre à plusieurs critères pour être recyclés. “Les pneus doivent être propres et à nu. Les stocks des fermes ont été inspectés pour voir s’ils correspondaient à la démarche”, ajoute le président de l’UPVY. Une fois chargés dans des bennes, ils sont acheminés sur les cinq sites départementaux dédiés à l’opération.

Mais que vont devenir ces vieux pneus ? Les huit-cents tonnes de pneumatiques vont finir en mille morceaux. “Dans le cas présent les pneus vont servir de combustible pour les cimenteries« . D’autres filières de revalorisation sont à l’étude notamment pour servir de revêtement routier.

Des substituts aux pneus sont d’ores et déjà utilisés pour conserver l’ensilage. “Aujourd’hui on a d’autres techniques pour lester les silos avec des bâches plus lourdes et des boudins de sable, on a techniquement d’autres produits qui nous permettent moins de manutention et de problèmes environnementaux et sanitaires pour la conservation de nos produits en fermentation”, précise Kamel Ferrag, vice-président de la FDSEA89. 

D’autres enquêtes vont être organisées pour récupérer davantage de pneus auprès des quelque 3.000 agriculteurs icaunais.





Source

Related posts

Le Mont d’or, un vieux fromage qui fait la fierté de notre région

adrien

OGM ou pas OGM ? Retour sur l’épineuse classification des « new breeding techniques »

adrien

La nécessaire préservation des savoirs météorologiques traditionnels en Afrique

adrien