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Agriculture

en Saône-et-Loire, des agriculteurs inquiets face à la sécheresse qui se profile



La préfecture de Saône-et-Loire a mis en garde, vendredi 6 mai, contre la possibilité d’une nouvelle sécheresse pendant l’été. Du côté des agriculteurs, déjà lourdement impactés par l’épisode de 2020, l’inquiétude monte.

40% de précipitations de moins que la moyenne, en 2022. La préfecture de Saône-et-Loire a lancé l’alerte, vendredi 6 mai, sur l’important déficit de pluie auquel le département fait face. Conséquence : les nappes phréatiques n’ont pas été rechargées à des niveaux suffisants, ce qui pourrait entrer une sécheresse estivale.

« Ça commence vraiment à être inquiétant« , affirme Alexandre Saunier, président de la section ovine à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. « Les orages ont été très localisés. Moi, je n’ai eu que 20 millimètres d’eau depuis début avril.« 

Pour le moment, il y a de l’herbe. Mais dans les mois à venir, ça va être dur.

Alexandre Saunier, éleveur ovin

« Ça fait penser à celle de 2003, qui a commencé très tôt, aux alentours de mai-juin« , ajoute-t-il. « Sauf que c’est que là où il y a le plus de ressources, c’est en mai-juin. Donc si il y a une sécheresse à ce moment, on est fichu pour les 12 mois à venir.« 

Pour rappel, la canicule qui a touché la France en 2003 a prélevé un lourd tribut sur les productions agricoles. Les syndicats agricoles ont estimé à quatre milliards d’euros les pertes de chiffre d’affaire engendrées par la calamité climatique.

Pour les céréaliers, le constat est le même. « 2021 a été une année de bonne récolte, on a pu faire un peu de stocks« , précise Florian Peulson, exploitant à Châtenoy-le-Royal. « Mais il suffit d’une sécheresse pour que tous ces efforts soient annulés.« 

Difficile pour l’agriculteur de ne pas être inquiet, en pleine période de fécondation des épis dans ses cultures. « Si ça commence maintenant, on ne sait pas ce qu’on va récolter, ni quand on va le récolter. Ce serait très grave.« 

Si la sécheresse de 2003 semble toujours ancrée dans les mémoires, la dernière en date, celle de 2020, a elle aussi eu des conséquences désastreuses sur les exploitations. Elle s’est par exemple soldée par une interdiction d’irriguer les cultures.

« On estime entre 15 000 et 25 000 le surcoût quand on est obligé de nourrir les animaux du 15 juillet jusqu’au 1er septembre, si tout va bien et qu’il pleut« , déclarait à l’époque Christian Bajard, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) 71, à France 3 Bourgogne.

« Cela pose des problèmes au niveau de la reproduction« , abondait Philippe Barnaud, éleveur à Saint-Germain-en-Brionnais. « Les vaches, d’année en année, ne mangent que de la paille. Cela les perturbe au niveau de la reproduction et ça décale tous les vêlages dans le temps. Donc, on doit les garder et nourrir plus longtemps.« 

Finalement, l’ensemble de la Saône-et-Loire a été reconnue comme victime de « calamités agricoles pour perte de récoltes sur fourrages ». Un processus qui a permis l’indemnisation des exploitants… mais pas forcément aussi rapidement qu’espéré.

« Le problème, c’est qu’on ne peut pas préparer grand chose« , se désole Alexandre Saunier. « Il faut bien qu’on nourrisse nos bêtes en ce moment. Donc on est impuissants.« 

« Certains collègues disposent de systèmes d’irrigation des cultures« , indique de son côté Florian Peulson. « Mais avec la hausse des prix de l’essence et de l’énergie, ils risquent de ne pas les mettre en route. Ça coûte trop cher.« 

On vit avec la météo, c’est la base de notre métier. On n’a pas encore la solution, je crois.

Florian Peulson, céréalier

En prévision d’un été qui s’annonce sec, la préfecture de Saône-et-Loire a tout de même réalisé quelques préconisations. Des règles applicables par chaque citoyen, qui permettent d’économiser de l’eau au quotidien :

  • Limiter la consommation d’eau aux besoins strictement nécessaires
  • Modérer l’arrosage des pelouses et le lavage des véhicules
  • Réparer les fuites d’eau
  • Privilégier les douches aux bains
  • Éviter de remplir les piscines en été

À noter que les services de l’État dans le département n’excluent pas d’imposer des restrictions d’eau dans les semaines qui viennent, si la situation l’exige.





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