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Agriculture

en Bourgogne, la récolte du miel de printemps en demi-teinte

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En 2020, les apiculteurs se félicitaient d’une bonne saison, après plusieurs années alarmistes. Mais cette année 2021 apparaît comme beaucoup plus difficile. A l’occasion de la Journée Mondiale des Abeilles ce 20 mai, les apiculteurs redoutent de mauvaises récoltes.

La belle saison 2020 vécue par les apiculteurs fait place à un démarrage de saison beaucoup plus en demi-teinte cette année : les aléas climatiques du printemps sont les principales causes d’une faible récolte en miel.

Aléas climatiques et floraison difficile

Michel Crépin, apiculteur président de l’association “Les Amis des abeilles” à Dijon est en pleine récupération d’essaims actuellement : “A la suite d’une sortie d’hiver rapide fin février, la ponte des reines a repris trop tôt.”

Le printemps a repris rapidement, mais des journées fraîches ont suivi en Avril, empêchant de faire un suivi et une ouverture des ruches. Selon Michel Crepin, il y a “de légères pertes dans les ruches, et la récolte se prépare à être faible.”

Michel Pechinot, président du Syndicat Apicole de Côte-d’Or, abonde dans le même sens : “A cause du mauvais temps, du gel et de la pluie, la floraison a été faible. On s’attend à de faibles récoltes. […] La récolte de printemps profite un peu aux apiculteurs de la plaine, là où il y avait du colza.”

Des abeilles affamées

Pour Gilles Moindrot, président de l’Association Apicole Beaunoise, le constat est plus tranché : il dénonce un état “catastrophique” dans les ruches : “on doit leur donner à manger pour qu’elles survivent. Le gel et les pluies actuelles n’autorisent pas les sorties des abeilles pour butiner.”

Concernant la récolte de printemps, selon lui, elle sera “pratiquement inexistante”.

Gilles Moindrot a un avis assez tranché concernant les pertes d’abeilles dans les ruches. Elles sont de l’ordre de 10 % dans l’Auxois et la vallée de l’Ouche, “c’est peu, car les endroits sont sauvages “, l’environnement y est préservé. Alors que dans les vignes, les Hautes-Côtes, la plaine de Saône, selon lui “les pertes sont de l’ordre de 50%, causées par les pesticides et les désherbants.”

De grandes différences selon les régions

Franck Aletru, président du Syndicat National des Apiculteurs, confirme que “la période actuelle n’est pas le début d’une bonne saison. On constate une absence de miellée qui est totalement liée à la ressource florale locale. Si 15 jours de mauvais temps se déroulent pendant la floraison, c’est là le plus fatal. Certaines régions de France s’en sortent mieux, tout en regardant aussi où se situent les zones de floraison, en plaine, en moyenne montagne, il y a de grandes différences.”

Quelle est l’explication de cette situation dégradée ?

Le président du Syndicat National ne cherche pas à polémiquer concernant l’éventuel impact des pesticides sur les colonies d’abeilles : “il faut regarder l’ensemble des conditions, et déterminer si les causes sont environnementales ou bien sanitaires. Il est vrai que l’exposition à des pesticides peut engendrer une perte des défenses immunitaires des abeilles face aux maladies, mais c’est un ensemble de paramètres qu’il faut regarder.”

Les abeilles subissent en effet des pressions multiples, un stress venant de plusieurs facteurs : les champignons parasites, les virus, les bactéries, les pesticides, le climat, l’environnement et les pratiques apicoles. Face à ces différentes agressions et au regard de la mortalité anormale des abeilles mellifères, le Ministère de l’Agriculture effectue une surveillance sanitaire globale du cheptel apicole.

 





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