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Agriculture

des aides jugées inadaptées “on doute malgré tout que ça compense le gel”

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Suite aux promesses de l’Etat, une enveloppe régionale d’un million d’euros a été mise en place pour soutenir les agriculteurs. Ces derniers ont été victimes d’une vague de gel sans précédent au mois d’avril dernier, détruisant leurs productions. Illustration en Saône-et-Loire.

Jusqu’au 9 juillet minuit, les arboriculteurs et viticulteurs de Bourgogne-Franche-Comté peuvent adresser une demande d’aide financière auprès de la DDT (Direction départementale interministérielle). Cette procédure est ouverte depuis le 30 juin aux agriculteurs victimes de la vague de gel d’avril dernier. La région Bourgogne-Franche-Comté a touché un million d’euros dans le cadre du « plan gel » national. Cette aide est divisée entre les huit départements. En Saône-et-Loire, l’enveloppe est de 147 000 euros. 

Les arboriculteurs et les jeunes viticulteurs priorisés 

La répartition de cette somme est d’abord adressée aux arboriculteurs et aux viticulteurs. « Nous avons travaillé avec la profession pour définir des critères d’attribution en privilégiant tout d’abord les arboriculteurs qui ont été les premiers touchés. Ils seront les plus vites impactés au niveau de leur trésorerie par ce gel d’avril » justifie Laurent Charasse, chef du service économie agricole à la DDT. « En deuxième lieu, nous avons considéré que les jeunes viticulteurs installés étaient également des publics fragiles qu’il fallait accompagner dès maintenant » ajoute-t-il.

En effet, les jeunes installés disposent de moins de stock de bouteilles des années précédentes pour rattraper cette année difficile. Pour être éligibles à cette aide, les viticulteurs doivent avoir moins de 40 ans et s’être installés en 2019, 2020 ou 2021. À la suite de l’évaluation des dossiers, 60 à 70 exploitants de Saône-et-Loire devraient bénéficier d’une aide dès la semaine prochaine, d’après Laurent Charasse. L’aide est plafonnée à 5 000 euros par exploitation.

100% des récoltes détruites

Malgré les efforts des agriculteurs pour sauver leurs cultures, des milliers d’hectares d’exploitations ont été détruits. Sylvain Geoffroy, arboriculteur à Montbellet (Saône-et-Loire), cherche désespérément des fruits sur ses arbres en cette période de récolte. Pour lui, le constat est sans appel : « il devrait y avoir des pêches un petit peu partout, une dizaine par branche. Malheureusement, là on ne trouve rien du tout » remarque-t-il. Sur son exploitation, 100% des récoltes de fruits à noyaux sont anéanties par les épisodes de gel d’avril. Seule une partie de ses productions de pommes et de poires ont survécu à ce désastre : « sur les pommes, ça va s’établir entre 50% à 90% des récoltes d’une année normale » avance-t-il. Cette année, aucun saisonnier ne sera donc employé pour la cueillette. Le travail se déroulera, à regret, en famille pour cette saison.

Les arbres de Sylvain Geoffroy sont dépourvus de fruit en cette saison de récolte.

Les arbres de Sylvain Geoffroy sont dépourvus de fruit en cette saison de récolte.

© Paul Abran et Anthony Borlot / France Télévision

L’arboriculteur espère pouvoir toucher des aides, grâce au fond d’urgence du département. Cependant, il présage que ça ne suffira pas : « on doute malgré tout que ça compense le gel » rapporte-t-il, dubitatif.

On espère qu’elle va arriver vite, et que ça va nous permette d’avancer.

Vincent Eysseric, vigneron

Vincent Eysseric, 23 ans, a lui aussi adressé une demande d’aide pour les dommages sur ses vignes. Il estime que les pertes s’élèvent entre 50 et 80% sur l’exploitation qu’il partage avec ses parents à Saint-Albain (Saône-et-Loire). « On espère qu’elle va arriver vite, et que ça va nous permette d’avancer » déclare-t-il. Le jeune vigneron est en activité depuis un an. Les températures de ce printemps ont mis à rude épreuve ses premiers mois de travail. « Quand on commence comme ça, ça met quand même un petit coup au moral. Et le fait que le temps après n’a pas forcément été très bon pour la vigne, ça nous a donné énormément de travail par la suite » se souvient-il.

Un bourgeon de la vigne de Vincent Eysseric, mort à la suite du gel.

Un bourgeon de la vigne de Vincent Eysseric, mort à la suite du gel.

© Paul Abran et Anthony Borlot / France Télévision

« Ce n’est pas vraiment adapté au milieu viticole »

Thiébault Huber, directeur de la Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne (CAVB) regrette que l’aide ne soit pas proposée au bon moment. « Quand les viticulteurs auront besoin, l’enveloppe sera vide » soupire-t-il. Selon lui, les pertes financières causées par le gel ne seront pas mesurables avant plusieurs mois : « nous, on n’a pas récolté. On verra qu’en septembre et on vendra que l’année prochaine. C’est là qu’on aura besoin » explique Thiébault Huber. Bien que cette aide soit une bonne nouvelle pour les jeunes installés, le directeur du CAVB dénonce un décalage entre le Gouvernement et la réalité du terrain. « Ils ont envie de faire vite et prendre des mesures. C’est bien, mais ce n’est pas vraiment adapté au milieu viticole et notre calendrier » s’alarme-t-il.

Une aide bientôt étendue aux autres secteurs

Une autre série de mesures devrait être mise en place pour l’ensemble des exploitants touchés par la vague de gel. Une exonération de cotisations sociales et un dégrèvement des taxes sur le foncier non-bâti seront proposés. « On va mettre sur pied un dossier de demande de reconnaissance de calamité agricole, qui représentera sans doute l’indemnisation la plus importante au niveau départementale » avance Laurent Charasse.

Ce plan d’aide fait écho aux mesures annoncées par Jean Castex dès le 17 avril dernier et à la création d’une enveloppe nationale d’un milliard d’euros.

 





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