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Agriculture

Attaques du loup en Haute-Saône, la préfecture envisage l’autorisation de tirs de défense

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Après une série d’attaques d’un loup sur le secteur de Fougerolles, un comité loup s’est tenu en préfecture de Haute-Saône ce mardi 8 septembre. Devant la répétition des attaques, des tirs sont envisagés, sous certaines conditions. 

De longues heures de réunion, de discussion, d’échanges entre les agriculteurs victimes du loup, les associations de défense de la nature et les services de l’état. Le comité loup débouche sur l’autorisation possible et au cas par cas de tirs de défense. “Ce n’est pas une mesure générale mais individualisée. Nous sommes dans une situation de proportionnalité. C’est parce qu’il y a eu une répétition des attaques dans un temps serré avec une multiplication des bovins et brebis impactés qu’on envisage cette mesure” a expliqué en sortie du comité loup, la préfète de Haute-Saône Fabienne Balussou.


Une douzaine d’attaques depuis la fin août

Le secteur de Fougerolles a connu 10 attaques du loup depuis le 26 août et l’animal est toujours présent dans le secteur. Une trentaine de bovins et ovins ont péri dans ces attaques à Le Bout, Fougerolles-le-Château, Blanzey, Croslières, Champ et la Battelieule Val d’Ajol. 
“Les éleveurs sont à bout, la crainte, c’est que quelqu’un souhaite s’en débarrasser” expliquait ce week-end Arnaud Grandidier, délégué cantonal FDSEA. 

Après Fougerolles, le loup a de nouveau tué trois veaux, dans la nuit du 7 au 8 septembre, non loin, dans le Val d’Ajol (Vosges). 

 


Des mesures de protection puis de possibles tirs de défense

Le loup est une espèce protégée et les marges de manœuvre des services de l’Etat sont encadrées par le plan national loup. Il faudra plusieurs conditions pour que ces tirs de défense soient autorisés. “Il est important de travailler sur les mesures de protection, pour éviter que nouvelles attaques se réalisent… Dès lors que les agriculteurs ont déjà subi des attaques et mis en place des moyens de protection, il est possible pour le préfet à titre dérogatoire d’autoriser des tirs de défense” a précisé la préfète.

Ces tirs de défense ne pourront se faire qu’en cas d’attaque, à 100 mètres au moins du prédateur. Le tir pourra être effectué par l’agriculteur, ou un tiers mandaté, comme les louvetiers. Ces derniers étaient déjà présents sur le secteur, mais leur présence n’a pas empêché le loup de passer à l’attaque quasiment chaque nuit.

Les éleveurs attendaient cette mesure de tirs de défense

Pour le monde agricole, la possibilité de tirs de défense est accueillie comme une bonne nouvelle. “En tant que président des éleveurs, je ne peux pas les laisser avoir des attaques aussi importantes et des dégâts. Le loup revient toujours du côté de Fougerolles, il va falloir des mesures draconiennes, soit son élimination, ou des tirs de défense simples” réagit Emmanuel Aebischer, président de la FDSEA de Haute-Saône. Les agriculteurs se questionnent néanmoins sur les mesures à mettre en œuvre pour protéger, en attendant, les exploitations. Elles sont 200 à 300 dans le secteur de Fougerolles, indique le syndicaliste agricole. Le loup se déplace, le secteur est boisé. “Il a encore été vu aujourd’hui, il craint de moins en moins l’humain. On ne peut pas laisser faire. Cela fait 15 jours que ça dure, on ne peut pas continuer comme cela” résume l’agriculteur. 

La préfecture a souligné le caractère répété des attaques, assez inhabituel pour un loup. Quant aux inquiétudes de la population, qui a vu le loup entrer parfois dans des exploitations, la préfète Fabienne Balussou veut rassurer. “Le comportement d’un loup n’est pas de s’attaquer à l’humain”.

 

 

Un loup, le doute s’éloigne de jours en jours

En Haute-Saône, les agriculteurs ont pu réaliser des photographies de l’animal en plein jour. Des images de nuit ont pu être enregistrées. “L’animal responsable de ces attaques a été identifié par les experts nationaux comme étant très probablement un loup (Canis lupus lupus). Un doute subsiste en raison de certaines caractéristiques de pelage et de comportement inhabituelles relevées sur cet individu. Une certitude ne pourra être obtenue qu’après des analyses génétiques qui pourront être réalisées dès la collecte sur le terrain de matériel biologique (crotte, poils)” indique la Préfecture de Haute-Saône dans un communiqué en date du 2 septembre.

Selon Jean-Michel Bertrand, réalisateur du film « Marche avec les loups »le loup de Haute-Saône est très probablement un mâle solitaire en  phase de dispersion sur ce secteur et en quête de partenaire pour former une meute. Le réalisateur rappelle que le loup est un animal « intelligent et opportuniste ».  Si c’est facile pour lui d’attaquer des brebis ou des génisses, il va continuer plutôt que de chercher pitance en forêt. Charge à l’homme de la décourager.  « Il faut surtout ne pas laisser ce loup prendre l’habitude d’attaquer les troupeaux” explique le réalisateur. 

Le loup est bien présent en Bourgogne-Franche-Comté et fait parler de lui cet été. En Saône-et-Loire, une quinzaine de carcasses de brebis ont été déposées lundi 7 septembre devant la sous-préfecture de Charolles par des éleveurs. Pour eux, la situation n’est plus tenable après les attaques répétées attribuées au loup dans le secteur. 85 bêtes sont mortes depuis le mois de juin. Trois éleveurs ont obtenu l’autorisation d’abattre le loup en cas d’attaque. Des clôtures électriques ont également été installées. Mais pour l’instant la seule solution vraiment efficace est de rentrer le cheptel la nuit.

 





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