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Agriculture

à bout, les viticulteurs se battent contre le gel pour sauver ce qu’il reste

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Ils luttent toujours. Nuit après nuit pour sauver les vignes. A Chablis (Yonne), les viticulteurs sont usés physiquement et psychologiquement. Ils font tout pour sauver leur récolte alors que le froid persiste. Ce mardi 13 avril 2021, une nouvelle nuit de gel est annoncée.

Cette nuit, l’alarme a sonné vers 3h du matin“. Pour la 11e fois en 14 nuits, Jean-François Bordet, viticulteur à Chablis dans l’Yonne, a été réveillé dans son sommeil par son alerte météo pour lutter contre le gel et aller sauver ses vignes. En tout cas, celles qui restent. “On dort d’une oreille, on sent les choses, on est sur le qui-vive en permanence“. Car une nouvelle fois la nuit dernière, le thermomètre est descendu sous les -3 degrés. 

Les parcelles qui sont protégées par les câbles chauffants ou de l’aspersion résistent bien, les autres sont mortes. On se bat pour elles” poursuit-il. Sur ses 3 hectares de parcelles protégées par les câbles, 85% sont sauvés, et presque 100% sur son hectare où il pratique l’aspersion. “Beaucoup ont tout perdu dès la deuxième nuit, avec la neige, elle a fait mal, les bougies et le feu ont été inefficaces. Ceux qui chauffent avec des bougies ont d’ailleurs tout abandonné“.

Le ton est combattif et plein d’envie même si la lassitude et la fatigue gagnent les rangs. “On sent de l’abattement chez tous les viticulteurs. On commence à prendre l’ampleur des pertes. C’est dur mais il faut continuer pour sauver le reste, même s’il y a moins de motivation et beaucoup de fatalisme” poursuit Jean-François. “On est tous à bout psychologiquement, même si physiquement on lutte aussi. J’ai les yeux qui piquent, on se couche de bonne heure, je fais la sieste même si le travail à la cave continue. Mais on a pas le droit de lâcher“. 

Il y a de l’abattement partout

 

Même sentiment combattif pour Adrien Michaut, lui aussi établi à Chablis et président du syndicat des vignerons. “On a plutôt bien réussi à sauver ce qu’on a protégé, ce serait bête de baisser les bras maintenant. On se concentre sur ces parcelles, toute façon, il n’y a plus que celles-ci qui sont belles…Sur les plateaux, les bourgeons ont crâmé.”

Ce serait bête de baisser les bras maintenant

Adrien Michaut, viticulteur à Chablis

 

Tous scrutent la météo chaque jour, presque chaque heure, car le combat est loin d’être fini. Jusqu’à samedi, toutes les nuits s’annoncent encore périlleuses avec des températures négatives. “Ce sont des gelées de printemps différentes de la semaine dernière. C’est plus humide et tout aussi dangereux “explique Adrien. “On risque d’être debout plus tôt vers 23h, même, et les gelées vont toucher le fond de vallée, c’est dur car on en a plein les bottes” enchérit Jean-François.

Après 2019 et 2020, c’est un nouvel épisode de gel qui frappe de plein fouet et fait trinquer les viticulteurs. “L’an passé, on s’était levé 10 nuits d’affilée, mais on avait tout sauvé, là c’est loin d’être le cas et tant qu’on a pas passé le 10 mai…mais il faut continuer” assène Jean-François, tout aussi inquiet des conséquences économiques que des prochaines nuits à venir.





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